| Le carnaval de Dunkerque |
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Les origines du carnaval dunkerquois remontent au début du XVII siècle. Les armateurs offraient aux marins-pêcheurs avant de partir pour 6 mois de pêche à la morue en Islande, un repas et une fête (la "Foye"), ainsi que la moitié de leur solde. Beaucoup d'entre eux ne revenaient pas toucher l'autre moitié de leur solde (perdus en mer, naufrage...) laissant femmes et enfants sans rien au Courghain. De la foye naîtra la "Visshersbende" (bande des pêcheurs en flamand). Elle se déroulait à l'origine entre le lundi gras et le mercredi des cendres marquant le début du Carême.
Aux origines de la bande, les carnavaleux, qui avaient déjà préparé leur sacs pour partir en mer, n'avaient plus d'habits à mettre sur eux, ils empruntèrent donc les habits de leur femme. Les premiers "Travestis" de la bande étaient nés.
Le carnaval est l’occasion de se défouler et de laisser libre cours à son imagination. C’est pourquoi les carnavaleux rivalisent d’ingéniosité pour la confection de leur clet’che, autrement dit de leur déguisement. Beaucoup d’hommes se déguisent en femmes et pour cela adoptent perruques, jupes bas-résilles, bijoux, faux-cils, maquillage, chapeaux à fleurs. Certains enfilent même des sous-vêtements féminins au-dessus de leur robe. D’autres choisissent le pagne de paille, le sous-pull noir, se noircissent le visage afin de ressembler aux « zoulous » sans idée raciste, le carnaval restant une fête. Le tablier d’écolier à carreaux rouge et blanc, très à la mode autrefois, se fait plus discret. Les déguisements s’assemblent souvent à l’aide de vieux vêtements retrouvés dans le grenier ou offerts par une tante ou une grand-mère. Les carnavaleux sont les rois de la récupération. Le marché de Dunkerque a même son « coin carnaval », appelé « Cafougnette » ou l'on achète de vieux vêtements pour le carnaval (fourrures, chapeaux, vêtements..).
Articulé autour de Mardi gras, les dates des bals et des bandes changent légèrement chaque année. L'ouverture "officielle" du carnaval de Dunkerque se fait généralement avec le Bal du Chat Noir et il se termine avec le Bal du Printemps. Mais ce ne sont que les bals des "grosses" associations au Kursaal, les autres bals (dits 'de campagne') ne sont pas moins appréciés et de plus en plus réputés.
À la bande de Dunkerque, les carnavaleux s’arrêtent toujours devant l’hôtel de ville où le maire et son conseil municipal lancent des harengs fumés, enveloppés dans un film protecteur, sur les carnavaleux, ce qui ne manque pas de déclencher une énorme bousculade. Au sommet du jet de harengs, le maire lance un homard en plastique, le carnavaleux chanceux qui l’attrape peut ensuite l’échanger contre un vrai.
Les carnavaleux sont indépendants, ou regroupés en associations. Chaque association organise son bal. Parmi elles, on trouve : Les Acharnés, Les Bringuenaeres, Les Corsaires Dunkerquois, Les Creut'ches, Les Kakernesches, Les Quat'z'arts ou encore les Zotes, les neuches cô, les creules cô, les quatzarts, le sporting, les p'tits louis, la jeune France, les zootenards, les zouteboumes, les veintches, les judcoot lussenil, les roses marie, les boucaniers, les zygomards, les nucholards, les p'tits baigneurs, les reutelaers, les corsaires fort-mardycquois, les potes iront, les zamustars, les flibustiers, les craquelots, les tiottes nenettes, les swinguelaeres, les rex podingue, les stratepoppes, les 8 wiches, les nountches, les potjes vlesch, les cô-nitots, les optimistes, les berguenards, les chevaliers, couckenards, les peirates, neuzes nyts, les buckenaers, les steickebeilles, les gais lurons, les bierenards, les hallebardes, les peulemeuches, les noirs, les joyeux beultes, les Veint'ches de Ruminghem, les Droumdoums ,Les Mousses d'jean-bart...
À la fin de la bande, la musique se place sur un podium autour duquel les carnavaleux entament le rigodon final pendant une heure sur tous les airs de Carnaval. Les carnavaleux sont écrasés les uns contre les autres pendant tout le rigodon, même pendant les chansons ne provoquant pas habituellement de chahut et autre « tien bon d'ssus ». Par temps froid, il n'est pas rare de voir s’élever au-dessus des carnavaleux comprimés, un nuage de vapeur, qui donne à l’évènement un aspect irréel. À la fin du rigodon les carnavaleux entament l’hymne à Co-Pinard, en souvenir du regretté Tambour-Major, et la Cantate à Jean Bart, en hommage au corsaire dunkerquois. À la bande de Dunkerque, le rigodon final a lieu place Jean Bart et à Malo à la place Turenne autour du kiosque, et sur toutes les places principales des villes et villages lors de bandes.
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